Le 21/10/1840, "la subvention" versée au Dr Cassetti est supprimée puisqu’il a des moyens de subsistance propres.
Après avoir essuyé plusieurs refus de la part de l’administration royaliste, c’est la
république qui, le 03/04/1848, le fait citoyen français.
Nous avons pu retracer une petite partie de la vie du Dr Cassetti grâce aux comptes-rendus de conseils municipaux et aux
courriers (de 1875 à 1884) entre Francesco Cassetti, son frère Alessandro, son petit-neveu Grossi et, après la mort du docteur,
entre le petit-neveu et la logeuse : Mme veuve Gros.
Francesco Cassetti a été maire du 09/10/1870 au 31/05/1874 puis du 21/01/1978 jusqu’à sa mort en 1884, l’interruption a été
imposée par le préfet mais le motif reste inconnu à ce jour.
Pour lui, la république doit passer avant tout et l’enseignement ne doit pas être confié aux religieuses. C’est ainsi que deux
institutrices laïques sont nommées à Grézieu en 1875 à l’unanimité du conseil municipal. Grézieu sera la première commune du
canton à avoir une école laïque.
En 1879, Cassetti sera le dépositaire du canton de la pétition pour les lois Ferry.
La république avant tout mais le droit à prier dans une église correcte : d’où un emprunt pour la nouvelle église de Grézieu La
Varenne de 7356 F (la commune prend en charge 6356 F et la fabrique 1000 F) et l’utilisation d’une partie d’un leg, fait à la
commune, pour acheter les fonds baptismaux de la nouvelle église et en rectifier l’escalier.
Dans l’un des courriers adressés à son petit-neveu il écrit, "Nous ne voulons aucun mal aux prêtres mais nous voulons qu’ils
restent dans leur sanctuaire".
Comme l’a écrit Joël Chotard "ce fut certainement le maire le plus à gauche que la commune ait connu"
Tout sa vie il sera engagé : il continue à se tenir au courant de la politique dans son pays d’origine. Il est très actif dans le canton
aussi bien en politique qu’en médecine et en agriculture. On le retrouve à l’inauguration de l’institut expérimental agricole
d’Ecully (il échange avec son petit-neveu sur un engrais à base d’os broyés). Il est impliqué dans l’association des médecins du
Rhône, il se présente aux élections départementales…
Par les courriers avec sa famille, on sait qu’il a été malade longtemps et qu’il a beaucoup souffert. Les dernières années de sa
vie, il logeait dans l’actuelle grand’rue au numéro 19, dans un immeuble appartenant à la veuve Gros, née Claudine Terrasse.
C’est par ses courriers adressés à M Grossi qu’on sait que sa légataire (à l’exception de sa montre qui sera envoyée à son arrière-
petit neveu, Charles Grossi) est Mme Desgranges.
Avant de mourir, le 16/03/1884, il a préparé son avis de décès et la liste des participants. Il spécifie que le cortège partira de chez
lui pour aller directement au cimetière. Le cortège comptera au moins 1000 personnes.
Un des mérites qui lui est reconnu est " est de ne pas être mort riche " ce qui aurait pleinement
satisfait ce républicain dans l’âme, puisqu’en 1875, il écrivait à son frère : " si nos pères, et nous-
mêmes en suivant leurs traces, avons dédaigné amasser la moindre fortune, nous avons conservé ce
qui vaut cent mille fois plus : un cœur généreux, et nous sommes restés droits et honorables. Tel sera,
j’en suis sûr, le souvenir que je laisserai aux habitants de ces communautés où j’ai vécu et où je vis
encore ".
Sa pierre tombale sera financée par les républicains du canton et des habitants de Grézieu.
Association des amis du patrimoine de Grézieu la Varenne
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